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A song for a generation

When I lived in Paris in the 1990s I listened to a singer, Renaud, who wrote songs about the marginalised of French society, mostly, as elsewhere, immigrant families. When, in the 2000s, I did my research on asylum seekers in the UK and France, with a chapter on Immigration & Race in France, I couldn’t help quoting one of Renaud’s songs, “Deuxième Génération”, a song about the most marginalised and deprived of the North African “second generation” (beurs) in the 1980s. He put these words into the mouth of “Slimane”, aged fifteen and living in the Paris suburb (banlieue) of La Courneuve (the translation that follows is mine):

 

J’ai rien à gagner, rien  à perdre

Même pas la vie

J’aime que la mort dans cette vie d’merde

J’aime c’qu’est cassé

J’aime c’qu’est détruit

J’aime surtout c’qui vous fait peur

La douleur et la nuit.

 

[Nothing to gain, nothing to lose

Not even life

I love only death in this life of shit

I love what is broken

I love what is destroyed

I love above all everything that makes you afraid

Pain and the night.]

 

Renaud was criticised by some beurs, who saw the song as negative, portraying people like Slimane as victims, whereas they eventually launched a fightback, with their supporters, against their oppression, so they were not passive victims. But this song, in fact, became part of that fightback. It certainly represents the reality of many beurs, then and now. And now, as then, a fightback is necessary once more.

Here is the song performed by Renaud https://www.youtube.com/watch?v=91MsCgJ9KNM

And here are the words:

J’m’appelle Slimane et j’ai quinze ans

J’vis chez mes vieux à La Courneuve

J’ai mon C.A.P. d’délinquant

J’suis pas un nul j’ai fait mes preuves

Dans la bande c’est moi qu’est l’plus grand

Sur l’bras j’ai tatoué une couleuvre.

 

J’suis pas encore allé en taule

Paraît qu’c’est à cause de mon âge

Paraît d’ailleurs qu’c’est pas Byzance

Que t’es un peu comme dans une cage

Parc’que ici tu crois qu’c’est drôle

Tu crois qu’la rue c’est les vacances.

 

J’ai rien à gagner, rien  à perdre

Même pas la vie

J’aime que la mort dans cette vie d’merde

J’aime c’qu’est cassé

J’aime c’qu’est détruit

J’aime surtout c’qui vous fait peur

La douleur et la nuit.

 

J’ai mis une annonce dans Libé

Pour m’trouver une gonzesse sympa

Qui boss’rait pour m’payer ma bouffe

Vu qu’moi, l’boulot pour que j’y touche

Y m’faudrait deux fois plus de doigts

Comme quoi, tu vois, c’est pas gagné.

 

C’que j’voudrais, c’est être au chôm’du

Palper du blé sans rien glander

Pi comme ça, j’s’rais à la sécu

J’pourrais grattos me faire remplacer

Toutes les ratiches que j’ai perdues

Dans des bastons qu’ont mal tourné.

 

J’ai rien à gagner, rien à perdre

Même pas la vie

J’aime que la mort dans cette vie d’merde

J’aime c’qu’est cassé

J’aime c’qu’est détruit

J’aime surtout tout c’qui vous fait peur

La douleur et la nuit…

 

J’ai même pas d’tunes pour m’payer d’l’herbe

Alors, je m’défonce avec c’que j’peux

Le trychlo, la colle à rustine

C’est vrai qu’des fois ça fout la gerbe

Mais pour le prix, c’est c’qu’on fait d’mieux

Et pi, ça nettoie les narines.

 

Le soir, on rôde sur les parkings

On cherche une B.M. pas trop ruinée

On l’emprunte pour une heure ou deux

On largue la caisse à la Porte Dauphine

On va aux putes, juste pour mater

Pour s’en souv’nir l’soir dans nos pieux.

 

J’ai rien à gagner, rien à perdre

Même pas la vie

J’aime que la mort dans cette vie d’merde

J’aime c’qu’est cassé

J’aime c’qu’est détruit

J’aime surtout tout c’qui vous fait peur

La douleur et la nuit…

 

Y’a un autr’ truc qui m’branche aussi

C’est la musique avec des potes

On a fait un groupe de hard rock

On répète le soir dans une cave

Sur des amplis un peu pourris

Sur du matos un peu chourave.

 

‘n a même trouvé un vieux débile

Qui voulait nous faire faire un disque

Ça a foiré parc’que c’minable

Voulait pas qu’on chante en kabyle

On y a mis la tête contre une brique

Que même la brique, elle a eu mal.

 

J’ai rien à gagner, rien à perdre

Même pas la vie

J’aime que la mort dans cette vie d’merde

J’aime c’qu’est cassé

J’aime c’qu’est détruit

J’aime surtout tout c’qui vous fait peur

La douleur et la nuit.

 

Des fois, j’me dis qu’à 3000 bornes

De ma cité, y’a un pays

Que j’connaîtrai sûr’ment jamais

Que p’t’être c’est mieux, p’t’être c’est tant pis

Qu’là-bas aussi, j’s’rai étranger

Qu’là-bas non plus, je s’rai personne.

Alors, pour m’sentir appartenir

A un peuple, à une patrie

J’porte autour de mon cou sur mon cuir

Le keffieh noir et blanc et gris

Je m’suis inventé des frangins

Des amis qui crèvent aussi.

 

J’ai rien à gagner, rien à perdre

Même pas la vie

J’aime que la mort dans cette vie d’merde

J’aime c’qu’est cassé

J’aime c’qu’est détruit

J’aime surtout tout c’qui vous fait peur

La douleur et la nuit.


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